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Choisir entre amélioration continue et QVCT ? Et si on déconstruisait le mythe “soit on est performant, soit on prend soin des gens”...


Le dilemme obsolète : "être humain" ou "être performant" ?

Dans l’industrie, et plus largement dans le monde du travail, il persiste une idée reçue :on ne peut pas tout avoir. Soit on optimise les coûts et la productivité, soit on prend soin des salariés, de leur bien-être, de leurs émotions.


Ce choix binaire est non seulement faux, mais aujourd’hui dangereux pour les entreprises.

Car il pousse à sacrifier l’engagement humain, donc l’énergie collective sur l’autel de la performance immédiate.


Or, il est de plus en plus clair que la vraie performance durable passe par le bien-être… et non contre lui.


Un changement de paradigme : la dynamique paradoxale

Ce que mes recherches ont révélé à travers ma thèse professionnelle, c’est qu’il n’y a pas de guerre entre bien-être et performance.


Il y a une relation complexe, mais féconde, entre les deux.


On parle de dualité dynamique, à l’image du yin et du yang : deux forces en tension qui se nourrissent l’une l’autre.


Le bien-être ne doit pas être vu comme un luxe… mais comme un levier d’efficacité organisationnelle, de clarté décisionnelle et de résilience collective.


Ce que disent les faits (et les chercheurs)

Plusieurs auteurs soutiennent cette complémentarité :


  • Nathalie Bernard (2019) parle d’un “couple paradoxal” entre bien-être et performance : l’un ne va pas sans l’autre, mais leur équilibre dépend de plusieurs facteurs (intensité du travail, participation, formation, perspectives d’évolution…).


  • Buffet et al. identifient 5 leviers clés pour une performance par le bien-être : autonomie, employabilité, confort, qualité relationnelle, équilibre pro/perso.


  • Olivier Zara, à travers sa théorie de l’excellence décisionnelle, montre que des collaborateurs émotionnellement en sécurité prennent de meilleures décisions — ce qui améliore la performance sans lourdes restructurations.


Le bien-être n’est pas un babyfoot (ni une lubie RH)

Quand on parle de bien-être, certains pensent encore à des gadgets de type babyfoot, massages au bureau ou “chief happiness officer”.


Mais ce n’est ni une mode, ni un coût à amortir. Le bien-être, c’est :


  • La capacité à agir avec autonomie,


  • Un cadre de travail clair et stable,


  • Le sens du travail accompli,


  • Des relations humaines saines,


  • Une perception positive de l’utilité de ce que l’on fait.


Et ça, c’est stratégique.


Le coût de l’opposition performance / bien-être

Ne pas intégrer le bien-être dans une démarche de performance, c’est :

  • Un désengagement progressif (seulement 6 % des salariés français sont engagés – Gallup, 2022)


  • Un turn-over croissant et difficile à contrôler


  • Une perte d’attractivité dans les territoires industriels (Territoires d’industrie, 2020)


  • Jusqu’à 13 340 € de pertes par salarié désengagé par an (Mozart Consulting, 2018)


Bref, c’est prendre un risque réel pour l’entreprise. Et c’est contre-productif de vouloir améliorer la performance sans embarquer l’humain.


Un modèle d’équilibre : de l’excellence opérationnelle à l’excellence décisionnelle

L’industrie a longtemps reposé sur l’excellence opérationnelle : optimiser les processus, réduire les gaspillages, produire vite et bien.


Mais ce modèle atteint ses limites si l’intelligence collective est bloquée.


C’est là qu’intervient l’excellence décisionnelle :


  • Donner du sens au travail,


  • Impliquer les équipes dans la réflexion,


  • Favoriser la prise d’initiative émotionnellement sécurisée,


  • Valoriser la contribution humaine à la performance.


Ce changement de regard est essentiel pour passer d’une logique d’adhésion forcée à une logique d’engagement volontaire.


Et concrètement, comment faire ?

Pas besoin de tout révolutionner. Il s’agit d’intégrer progressivement le bien-être dans les leviers de performance existants.


Quelques pistes concrètes issues de ma thèse :


  • Intégrer le Hoshin Kanri pour aligner les objectifs individuels et collectifs,


  • Favoriser la méthode A3 pour rendre les équipes autonomes dans la résolution de problème,


  • Déployer des pratiques 5S avec une logique de confort et non de contrôle,


  • Introduire des indicateurs de QVT couplés aux KPI de performance.


En résumé : et si c’était un faux dilemme ?

Bien-être et performance ne s’opposent pas. Ils se conditionnent mutuellement.


Ne pas intégrer le bien-être, c’est accroître le risque d’échec dans vos projets de transformation.


L’intégrer, c’est ouvrir un potentiel inexploité de mobilisation humaine, d’innovation et d’excellence.


Et maintenant ?

Vous êtes dirigeant.e, responsable QVT, responsable amélioration continue ou manager en industrie ? Vous vous interrogez sur l’impact du bien-être dans vos résultats opérationnels ?


Je suis Adrien Menant, passionné par l’amélioration continue depuis plus de 10 ans.


Mon parcours m’a conduit au sein de grands groupes tels que SEB, Bel, Agromousquetaire et Refresco.


Autant d’univers différents – industrie, agroalimentaire, biens de consommation – où j’ai pu observer et contribuer à des démarches d’excellence opérationnelle capables de soutenir des performances élevées sur le long terme.


Ce blog est né de cette passion : partager des méthodes, outils et retours d’expérience qui, au-delà des chiffres, contribuent aussi à l’engagement et au bien-être au travail.


Vous y trouverez mes propres découvertes ainsi que celles de pairs et experts rencontrés au fil de mes missions.


Si ces sujets vous intéressent et que vous souhaitez échanger idées, pratiques ou retours terrain, je serai heureux de poursuivre la conversation avec vous.




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