Burn-out, bore-out, brown-out : le triangle invisible de la contre-performance
- Adrien Menant

- 6 janv.
- 3 min de lecture
On parle de performance. Mais à quel prix humain ?

Un mal silencieux dans nos ateliers
Fatigue chronique, désengagement, irritabilité, turn-over...Ce que beaucoup de dirigeants vivent au quotidien n’est pas seulement un problème de recrutement ou d’organisation.
C’est parfois le signe d’un phénomène bien plus profond, souvent invisible, mais lourdement impactant pour la performance : le mal-être au travail.
Et ce mal-être a trois visages : burn-out, bore-out, brown-out.
Le Burn-out : quand le feu consume
Définition : Épuisement professionnel lié à une surcharge de travail et à une pression prolongée.
Symptômes : perte d’énergie, détachement, cynisme, effondrement émotionnel.
Impact : baisse de productivité, arrêts maladie, ruptures professionnelles parfois brutales.
« 1 cadre sur 2 se dit concerné par un risque de burn-out en France. » (Étude Cadremploi, 2019)
Le Bore-out : quand l’ennui devient toxique
Définition : Perte de sens due à une sous-charge ou à l’ennui profond dans son poste.
Symptômes : apathie, sentiment d’inutilité, repli, absentéisme déguisé.
Impact : sabotage discret de la qualité, désengagement, fuite des talents.
Le Brown-out : quand le sens s’effondre
Définition : Perte de motivation causée par des tâches perçues comme absurdes ou incohérentes.
Symptômes : agacement, cynisme, perte d’envie, remise en question professionnelle.
Impact : inertie dans les projets, résistance passive, baisse d’innovation.
Et tout cela coûte… cher
Selon une étude de Mozart Consulting, le coût du désengagement salarié s’élève à :
13 340 € par salarié et par an(entre retards, erreurs, conflits, arrêts et perte de productivité).
Ajoutez à cela :
Un absentéisme moyen à 5,1 % (Statista, 2018)
Un turn-over croissant en milieu industriel
Et une pénurie de talents
On comprend vite que le mal-être n’est pas un sujet “soft”, mais un enjeu économique majeur.
Pourquoi ces phénomènes explosent aujourd’hui ?
Le monde du travail a changé. Et vite.
Voici quelques déclencheurs issus de mon étude :
Perte de lien social (mobilité, isolement, télétravail partiel)
Pression sur la performance (Lean mal appliqué, productivité à tout prix)
Répétition vide de sens (process, reporting, tâches éclatées)
Absence d’autonomie réelle malgré des discours de responsabilisation
Industrialisation des services : même dans les bureaux, on applique des logiques d’usine (cadences, KPI, supervision)
Le facteur émotionnel : encore trop ignoré
“Notre corps ressent le mal-être avant même que notre cerveau le comprenne.” (INRS, 2008)
Les signaux d’alerte sont souvent émotionnels : irritabilité, fatigue inexpliquée, baisse d’initiative, conflits larvés.
Mais dans beaucoup d’entreprises industrielles n’osent pas en parler.
Résultat : on agit trop tard, quand la situation est déjà critique.
Comment prévenir ces dérives dans une PME industrielle ?
Voici quelques leviers issus de mes travaux et observés sur le terrain :
1. Revaloriser le sens du travail
Impliquer les équipes dans les objectifs
Clarifier les attentes
Partager les réussites collectives
2. Donner de la vraie autonomie
Former à la résolution de problème (A3, PDCA)
Laisser des marges de manœuvre sur les méthodes
Sortir du “command & control” pur
3. Surveiller les signaux faibles
Taux de participation en réunion
Nombre d’initiatives remontées
Qualité des relations managériales
4. Faire de l’émotion un sujet professionnel
Former les managers à l’écoute active
Intégrer l’intelligence émotionnelle au quotidien
Oser parler fatigue, frustration, charge mentale
Le rôle du dirigeant : ouvrir l’espace
Prévenir le burn-out ou le brown-out, ce n’est pas tout faire pour que tout le monde “aille bien”. C’est permettre à chacun de s’exprimer, d’agir, de prendre sa place.
C’est une posture qui ne s’improvise pas, mais qui change tout :
moins de perte d’énergie, plus de créativité, plus d’engagement.
En résumé
Syndrome | Cause principale | Conséquence |
Burn-out | Surcharge | Épuisement, arrêt |
Bore-out | Ennui, sous-charge | Démotivation |
Brown-out | Perte de sens | Désengagement |
Prévenir ces formes de mal-être, c’est protéger la performance. C’est aussi montrer que la valeur humaine est un actif stratégique.
Envie d’aller plus loin ?
Vous souhaitez détecter ces signaux dans votre entreprise ? Mettre en place une démarche de performance durable, centrée sur l’humain ?
Je suis Adrien Menant, passionné par l’amélioration continue depuis plus de 10 ans.
Mon parcours m’a conduit au sein de grands groupes tels que SEB, Bel, Agromousquetaire et Refresco.
Autant d’univers différents – industrie, agroalimentaire, biens de consommation – où j’ai pu observer et contribuer à des démarches d’excellence opérationnelle capables de soutenir des performances élevées sur le long terme.
Ce blog est né de cette passion : partager des méthodes, outils et retours d’expérience qui, au-delà des chiffres, contribuent aussi à l’engagement et au bien-être au travail.
Vous y trouverez mes propres découvertes ainsi que celles de pairs et experts rencontrés au fil de mes missions.
Si ces sujets vous intéressent et que vous souhaitez échanger idées, pratiques ou retours terrain, je serai heureux de poursuivre la conversation avec vous.



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